26.12.2008
PARIS BORDEAUX EN TGV
TGV PARIS/BORDEAUX, 23 décembre, veille de veille de fête, le train était tellement gavé qu'un canari anorexique aurait été impossible à caser. Moi tout au bonheur de mon miracle accompli, à savoir être en avance à la gare et pour une fois modérément encombrée de bagages, je me hisse dans la voiture. Enfin pas tout à fait ma voiture puisqu'il s'agissait de la voiture 17, la mienne était la 18, mais la gare et les TGV (s?) sont ainsi faits que même avec une bonne demi heure d'avance, j'ai failli rater le départ. Pour ne rien vous cacher, ce train était tellement long et mon wagon étant bien sûr le plus éloigné du quai, j'ai tellement marché pour y arriver que j'ai crû que le trajet jusqu'à Bordeaux se ferait à pied... à 18h23 j'en étais encore à la voiture 13, autant vous dire qu'à 18h24 j'ai escaladé les escaliers de la première porte ouverte qui se présentait à moi, le départ étant à 25 (vous suivez toujours là ?). Bref essoufflée et en nage, je balance ma valise à roulette, le pluriel sur roulette étant volontairement omis car l'une des deux petites roues a eu un coup de chaud qui l'a déformée et quand je fais mine de la poser par terre, le bruit produit sur le macadam n'est pas sans évoquer une réunion de percussionnistes Brésiliens en plein carnaval et sous ectasy, je suis donc obligée par une adroite manoeuvre consistant à exercer une forte poussée sur la poignée de la valise pour faire porter le poids sur la roulette valide. Je monte donc dans le TGV éreintée mais digne. Pas simple de se frayer un passage dans la cohue, le passage était encombré de gens et de valises et par deux amoureux éplorés qui se séparaient là et qui pour être séparés auraient eu besoin d'un couteau à huîtres.
Après quelques pardons, excusez-moi et autres coups de pieds discrets distribués ici et là, je traverse le couloir de la voiture 18 et me retrouve enfin à ma place, évidemment la plus éloignée de mon point d'arrivée. Les wagons sont parfois coupés en deux dans les TGV(s?) et me voici dans une espèce de compartiment où les sièges sont répartis en quatre carrés, pour ceux que les maths fatiguent, il s'agit simplement de sièges groupés par quatre qui se font face. Trois des carrés sont occupés par des familles avec petits enfants. et merde ! 3 heures confinée dans un espace réduit et cernée par des gosses pleureurs.
Mon carré à moi est occupé par un type scotché à son écran de PC (beurk j'aime pas les PC, Mac for ever) et en face de moi par une caricature d'adolescente, ravissante mais n'ayant rien oublié de la panoplie de l'ado-en-mal-de-vivre, longue, maigre, cheveux bruns qui lui couvrent la figure, dents baguées, jeans surbaissé-culotte-apparente, et un petit sourire timide et gentil sur le petit visage que l'on aperçoit pour peu qu'on la fixe assez longtemps pour la surprendre quand ses cheveux s'écartent. La jeune fille prend une position invraisemblable sur son siège, ses jambes démesurément longues terminées par des Converse repliées sous elle, le menton sur les genoux. Notez ça m'arrange parce que je peux caser les miennes de jambes, nettement moins longues et fines mais tout de même il faut bien les mettre quelque part. Parce que les gars qui pensent pour concevoir ces merveilles de technologies que sont les Tégévés se sont de toute évidence concentrés sur la vitesse, et là je dis "chapeau", Paris Bordeaux en trois heures faut reconnaître ça m'arrange. En revanche, quand il s'est agi du confort, les mêmes gars étaient en RTT, je me demande combien ils ont touché pour imaginer que des personnes face à face ne s'emmêleraient par leurs pinceaux avec aussi peu de place et encore, au risque de me répéter je souligne que mes jambes à moi sont plutôt courtes et finalement pas si larges que ça... Ils se sont peut-être dire qu'ils tenaient là un bon moyen de concurrencer Meetic en favorisant la proximité des voyageurs, si ça se trouve, des mariages ont eu lieu et des enfants sont nés grâce à l'inconfort des sièges de train.
Si je me permettais j'ajouterais même que le ponpon du penseur es TGV pourrait être décerné à la lumière qui a décrété que les wagons restaurants ne comporteraient plus de sièges. Là je dis bravo, le mec il s'est creusé le citron pendant des jours, peut-être même des mois, avec le salaire qui va avec pour un jour pondre un schéma de wagon restaurant d'où il a purement et simplement éradiqué les sièges.
Why not ? le spectacle des mamies qui rejoignent leur place avec à la main un gobelet rempli à ras bord de thé brûlant et se cramponnant aux fauteuils de la main qui leur reste peut constituer une distraction bienvenue pour les voyageurs qui assistent à l'exploit, on pourrait même leur distribuer des chaussures battoirs et un nez rouge, ça permettrait de garder un souvenir réjouissant de son voyage. et bien les amis je crois que vous aurez la suite au prochain épisode car mon chéri vient de terminer la confection du repas et que les voyages ça creuse...
11:23 Publié dans Blog, Loisirs, Voyage | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : tgv, confort, vie quotidienne


